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ElMulo
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LanzarotePar ElMulo :: 28/11/2008 à 18:53 :: Général
Après quelques jours dans le sud à profiter des plages de sable fin, je reprends la route, en bus, pour rejoindre Corralejo, d’où partent les ferries pour Lanzarote. Le Guagua longe la côte désertique et s’arrête dans toutes les stations balnéaires pour faire monter ou descendre des touristes, des travailleurs ou écoliers. Un changement à la gare routière de Puerto del Rosario, capitale de l’île, et le guagua entre dans le parc naturel Las Dunas de Corralejo, petit désert du Sahara local. On s’y croirait presque si les promoteurs de
Je descends à Corralejo, en quête d’un bateau pour Lanzarote et Playa Blanca. Deux compagnies assurent la liaison qui relie les deux îles en moins de 20 minutes. Fred Olsen et Naviera Armas. Bon. J’ai dû me tromper de guichet, parce que je me retrouve sur un bateau, le Princesa Ico… attention le programme !! : Un groupe organisé d’une quarantaine de touristes débarque, où plutôt embarque juste avant le départ, fidèlement accompagnés de leur GO, lunettes de soleil, bob et micro en main, pour animer la traversée!!!!
- Pip Pip!!! Ouais!!!-
Traversée qui finalement dure plus de trois heures, avec détour par l’île des loups où cette fois j’ai pu voir pour de vrai les fonds marins et tous les pitits poissons, sangria gratuite pour tout le monde au bar du bateau, et arrivée non pas à Playa Blanca comme prévu, mais à Puerto Del Carmen, plus au nord. La bonne blague !
- 3 maquereaux, une morue, et 2 thons -
Et cette fois j’ai été beaucoup moins malade, en tout cas moins que la pauvre madame qui a passé son temps aux toilettes (je me demande où ça part quand on tire la chasse d’eau dans un bateau…). Et puis un coucher de soleil en mer, ça vaut bien quelques heures de bateau supplémentaires!!!!
Je débarque et me mets à la recherche d’une pension pour passer la nuit. Coup de pousse du destin, il y en a une à quelques rues du port et de la plage, la pension Magec, où je suis accueilli par la sœur de la patronne, Rosa, d’une soixantaine d’années, très gentille. Elle me gave d’informations et de cartes de l’île. Je reste à discuter avec elle n bon moment, Grenade, Playa Blanca est une station balnéaire (une de plus), mais ici comme dans toute l’île le tourisme de masse a ses limites, pas d’immenses hôtels de 20 étages, les bâtiments n’excèdent pas deux étages et restent à échelle « humaine ». L’île doit tout ça au peintre et architecte César Manrique qui y a laissé à jamais son empreinte. De retour sur l’île à la fin des années 60 après une carrière internationale, il commence à voir le danger qu’un développement anarchique du tourisme peut faire courir à Lanzarote, dont la beauté des plages excite déjà les promoteurs. Il convainc alors le gouvernement espagnol de classer l’île « d’intérêt touristique spécial », c'est-à-dire de la placer sous haute protection écologique ». Jusqu’à sa mort en 1992, il protège les sites naturels dont il assure l’aménagement. (source guide évasion) A Lanzarote les maisons doivent toutes êtres peintes en blanc, et les gens aménagent des jardins de cactus devant leur domicile, en utilisant le picón, gravier volcanique poreux qui remplace la terre. Les villages ont du coup beaucoup plus de style que sur Fuerteventura.
Je commence la visite par le Sud, et là il n’y a pas un ou deux volcans, mais des volcans partout !!! Des cratères à gauche, à droite, au fond, de couleur rouge ou noire, mais aussi des coulées de lave pétrifiées et d’éboulis volcaniques constituent l’unique décor, dans tout le sud ouest en tout cas. On n’est pas loin de la montagne de feu !!!
- Los Hervideros -
Au bord de l’océan et d’une plage de lave je passe par Las Salinas de Janubio, les derniers marais salants de Lanzarote. Autrefois le sel était utilisé pour les conserves de poisson, mais aujourd’hui le site à été reconverti dans la production de sel fin de mer. Le Mélange de vert turquoise de l’eau des bassins, de brun noir de la lave et des petit tas blancs de sel créent un joli tableau…
Je suis l’unique route qui longe la côte, on a l’impression qu’elle a été posée là, sur la roche volcanique, et arrive au Charco de los Clicos, une lagune verte sur une plage, au bord d’un cratère, encore un !!! Encore un bel échantillon de couleurs, entre le vert de l’eau (qui est dû à la forte teneur en sel me dit on), le bleu de la mer et les pierres jaunes et rouges du volcan…
Le soir de retour à la pension je rencontre Lourdes, la patronne, très accueillante aussi, avec qui je parle de mes voyages, de Grenade bien sûr où elle adorerait aller. En discutant de l’essor du tourisme sauvage des promoteurs dans l’île et sur les côtes de la péninsule, on en vient à ces deux fameux hôtels que j’avais repérés dans les dunes de Corralejo. Elle me dit que ces deux hôtels appartenant à la compagnie allemande RYU ont été construit il y a plus de 20 ans, avant la création du parc naturel, et qu’il y a un accord avec la mairie pour leur « prochaine » démolition… Le lendemain je prends la route pour la vallée de
- Des ptits trous, des ptit trous - En tout cas le résultat est surprenant !!! Des trous partout !!! Je monte sur les flancs d’une montagne, en tongs ça va sans dire, pour mieux apprécier le spectacle. Il y a sous mes yeux des petits arcs de cercle dans toutes les directions, seules les routes en lacet viennent couper les lignes parfaites des vignes volcaniques !!!
Comme il est indiqué dans les guides locaux, « c’est dans ce milieu extrêmement hostile que pousse le meilleur malvoisie de l’archipel »… alors faut bien goûter !!! je m’arrête au bord de la route dans une des nombreuses Bodegas, Un jour plus loin, pour rejoindre la pointe nord de l’île et le Mirador del Río, je passe par les petits villages typiques, Tehiche, au pied d’un volcan, et surtout Teguise.
Le gros bourg, première capitale de l’île doit son nom à la fille d’un roi Guanche qui aurait épousé un neveu de Jean de Béthencourt (pour les fans de news people), Les noms des rues rappellent que la cité n’a pas échappé aux attaques des pirates : callejon de la sangre (ruelle du sang), calle miedo (rue de la peur), etc…
Plus je me rapproche de l’extrême nord, plus le vert réapparaît. Très étrange après une semaine dans les déserts de Fuerteventura et le sud volcanique de Lanzarote. Dernier village avant le mirador, Haria, avec des palmiers partout, ses maisons blanches et sa grande place ombragée avec l’église au bout.
Ah non, en fait le dernier village c’est Yé !!!
Ça yé, j’arrive au mirador au bout d’une route où les voitures peuvent à peine se croiser…et là apparaît l’océan, dans un panorama avec une vue plongeante sur l’île de
- Mirador del Río - on ne se moque pas du montage...-
...demain les montagnes de feu... ça va chauffer!!!!! Isla de los LobosPar ElMulo :: 23/11/2008 à 16:55 :: Général
- L'île des loups-
Excursion sur l’île des loups : Pour rejoindre ce minuscule îlot de 2 km carrés, je réserve une place sur le « Majorero », du nom des premiers habitants de Fuerteventura, qui étaient soit dit au passage Polyandres (les femmes avaient l’habitude d’avoir trois hommes – source Anne-so). Ce petit bateau est un « glass bottom boat, c'est-à-dire avec une coque vitrée qui permet « d’admirer la beauté des fonds marins » (celle là je l’ai trouvée par terre). Grosse arnaque : la coque en question doit faire au plus un mètre sur deux, et la vitesse du bateau ne permet de distinguer que du bleu, et du bleu. C’est bleu. On arrive sur l’île en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « bleu », et je me dis que tiens, j’ai pas pris mes baskets dis donc… encore une randonnée en tongs !!!! Hé, c’est très bon pour les pieds, de sentir tous les petits cailloux rentrer dans la peau, ça s’appelle la tongothérapie.
Bon, sur l’île, un village de quelques cabanes de pêcheurs, un restaurant, au nord un phare, et à l’ouest la Montaña de la Caldera, volcan éteint.
Il faut entre trois et quatre heures pour faire le tour de l’île, en comptant 40 minutes (1 heure en tongs de compet’) pour monter sur la crête du volcan.
- Volcan la Caldera -
- On ze road to the Volcan - De là haut on voit tout l’îlot bien sûr, et aussi Fuerteventura et Lanzarote au loin.
- La partie du cratère ensevelie dans la mer - au fond Lanzarote - Au milieur de l'île, un champs d'agave, ça paraît irréel ici, même si ce cactus pousse partout, l'île est complêtement volcanique. Et pourtant, ça pousse!!! Ah la nature...
- en direct sur la foto en train de me faire piquer le cul en fourbe - L’île porte mal son nom, j’ai pas vu un seul loup dis donc. Un peu d’histoire donc : « Les loups de mer (ah ok…) étaient autrefois nombreux dans El Río, le bras de mer qui reliait l’îlot à Fuerteventura. Gadifer de la Salle (ça c’est un nom !!!), compagnon de Béthencourt, abandonné un temps sur l’Ilot (avec un nom pareil aussi…), aurait survécu grâce à leur chair ». Tiens bah justement j’arrive au village, devant le resto. Ça tombe bien j’ai une faim de loup ! (super facile). « Ya moyen d’avoir un steack de loup ?? ». Vous avez réservé ?? Nan. Bah alors sandwich. Fallait réserver à l’arrivée du bateau. Sympa. Je n’ai le droit qu’à un sandwich, au choix, salami ou salami. Et une bière, quand même. La rage !!!
Je déguste mon casse dalle salami en face d’un homme qui découpe le poisson fraîchement pêché pour les chanceux du resto, et jette les restes aux mouettes. Et moi rien !!! toujours tout pour les gros allemands...
Au retour j'ai essayé de faire chavirer le bateau pour me venger, mais j'ai pas réussi...
FurteventuraPar ElMulo :: 23/11/2008 à 16:53 :: Général
Fuerteventura, l’île rouge. Connue des romains sous le nom d’Herbania, « qui n’a pas d’herbe », ou d’ « île pourpre » selon Pline l’Ancien, en raison de sa couleur brune. Lorsqu’il débarque à Herbana en 1404, le Normand Jean de Béthencourt est frappé par son visage sévère. Il lance un sonore « Que fuerte ventura ! », littéralement « quelle forte aventure !», exclamation qui deviendra le nom de l’île.
Quelle forte aventure, c’est ce que je me suis dit une fois avoir mis pied à terre, parce que l’aventure était de ne pas vomir sur le bateau. C’était le calme plat sur l’océan mais ça remuait quand même. Personne autour de moi n’avait l’air très en forme. Ma première impression en mettant pied à terre, en plus du fait que ça fait du bien, est le vent, ce vent du large qui souffle sur une terre de couleur rouge à ocre. Le soleil qui a modelé des paysages brûlés et arides est déjà bien haut dans le ciel, et bien chaud aussi. Heureusement le vent atténue la chaleur, qui peut atteindre les 40 degrés quand les vents justement viennent du Sahara. J’arrive au port de Morrojable, dans le sud de l’île. Je décide de suivre la côte le long de la péninsule de Jandía, pour rejoindre l’extrême pointe sud.
Je suis au volant d’une clio, mais j’aurai mieux fait de prendre un 4x4 !!! Dès la sortie du village, l’asphalte devient d’un coup d’un seul une piste de terre et de pierre. Ça secoue !! Autour de moi, des montagnes rouges, une végétation « steppique », et quelques palmiers par ci par là qui survivent je ne sais comment. Et quelques chèvres.
La mer est toujours là sur le côté, et tout au bout du bout d’une heure de virages pour faire les kilomètres, un phare. A l’extrême pointe sud de l’île. Autour, rien. Enfin si, d’un côté l’horizon infini de l’océan, de l’autre ces terres infinies brûlées par le soleil. Entre les deux, des plages infinies. Je me sens seul au monde. Pas un bruit, à part ce vent qui souffle sans arrêt. C’est saisissant.
Le lendemain matin, j’ai trouvé mieux que le café pour un réveil total du corps. Les longueurs dans l’eau transparente !!!! Elle est fraîche mais ça réveille. Après un café (quand même), je reprends la même piste que la veille, mais cette fois je bifurque direction Cofete, de l’autre côté de la chaîne montagneuse de la péninsule. Arrivé au col de Chépakwa, heula !! la vue !! De la plage sur au moins 20000 kilomètres !!!
- Vue du col de Chépakwa - Et toujours cette piste. Je crois que je vais casser la voiture avant de la rendre… Une heure de piste de terre et de poussière et de virages au bord de ravins, et j’arrive à Cofete. Cofete, 15 maisons, 15 bergeries, 1 resto-bar, et des chèvres. Et la plage. Et le vent. Sur la plage. Pu$%in de rafales de sable dans les oreilles !!
- La mégalopole de Cofete Beach - Un soleil plus tard, je commence à remonter vers le Nord. La péninsule de Jandía laisse rapidement place à l’isthme de « la Pared » (le mur), qui était une terre neutre entre deux anciens royaumes Guanche. Et la terre rouge devient sable. Des dunes de sable, des montagnes de sable, et encore moins de végétation. Mais toujours autant de vent, qui fait danser le sable sur l’asphalte (et oui, la route qui remonte l’île est quand même asphaltée !!!
Je passe par Pajara, qui fait office d’oasis au milieu du « malpaís », la région centrale de l’île, et rejoins ensuite la côte ouest et le petit village de Ajuy. La côte est ici faite de falaises, et de Cuevas (grottes) creusées par l’océan.
Un sentier part de la plage du village et longe le bord es falaises, tout en escaliers creusés au milieu des blocs de pierre. Les grottes sont gigantesques, avec plusieurs galeries, dont certaines s’ouvrent sur la mer.
On pourrait loger au moins 200 gitans du Sacromonte là d’dans !!! Une méchante Peña flamenco !!!
En repassant par le village je fais connaissance d’un peintre qui a ouvert une galerie, « La Puesta del Sol » (le coucher de soleil) et une tetería (salon de té) en face de la plage. On en vient à parler de l’Andalousie et des grottes de Nerja, il me dit que l’idée d’ouvrir une tetería en plus de sa galerie lui est venue en partie de Grenade. Il me confie aussi que s’il ne vivait pas ici, c’est certainement à Grenade qu’il serait….
Toujours plus vers le ch’nord, les paysages redeviennent rouges et toujours aussi déserts.
Après une nuit dans la voiture, parce que ya pas de pensions par là, que des Casas rurales hors de prix comme c’est à la mode par ici, donc une super nuit en compagnie de mes amis les moustiques (ça faisait longtemps tiens). Je reprends la route, ah non pardon les virages, (une pensée pour yuna qui aurait adoré conduire ici!!!
Je passe devant la Montaña Quemada (montagne brûlée), au pied de laquelle est érigée une statue de Miguel de Unamuno, ardent adversaire du fascisme déporté en 1924 sous la dictature de Primo de Rivera, et plus loin la Montaña Tindaya, la montagne sacrée des Guanches. Sur ses flancs ont été gravés plus de 200 silhouettes de pieds humains. Les études des archéologues ont découvert qu’ils étaient orientés vers le soleil, la lune ou le Teide.
- Montaña Quemada - Enfin j’arrive dans la partie nord de l’île où les plages n’ont rien à envier à celles des Caraïbes, à El Cotillo plus exactement, avec ses plages de sable fin, eaux turquoises, poissons pas farouches et nudistes…
- El Cotillo -
je passe la fin de la journée à Corralejo, d’où parent les ferries pour Lanzarote, et des petits bateaux pour la Isla de los Lobos, à seulement quelques kilomètres. Ça sera pour demain….
- Port de Corralejo - au Fond l'île des Loups - Gran CanariaPar ElMulo :: 15/11/2008 à 19:15 :: Général
BIENVENIDO A LAS 7 ISLAS AFORTUNADAS
J'arrive le 30 octobre sur l’île de Gran Canaria, à Las Palmas, capitale de la province orientale des Canaries. Cette province est composée des îles de Gran Canaria, Fuerteventura et Lanzarote (la plus proche des côtes marocaines).
Après quelques heures de vol en provenance de Séville, l’avion se pose à une vingtaine de kilomètres de Las Palmas, au bord de l’océan. Sensations garanties, jusqu’au dernier moment on pourrait croire qu’il va se poser sur l’eau, mais non la piste est bien là. Je récupère mes tonnes de bagages et saute dans un Guagua (c’est le nom que les gens donnent ici aux bus) pour rallier le centre ville. A peine descendu je suis tout de suite très très surpris du dépaysement : je suis toujours en Espagne, mais la ville a des allures de métropole sud américaine, avec ses quartiers à l’architecture anarchique et ses maisons au style cubain, très colorées et pourvues de grand balcons en bois… Avec les palmiers en prime et la douceur du climat !!!!
La ciudad est énorme (8eme ville d’Espagne), mais est étendue sur un long bras de mer qui termine en presqu’île, avec d’un côté le port et ses immenses navires de croisière, et de l’autre la plage de Las Canteras. A l’ouest la ville s’étend sur les hauteurs où poussent de nouvelles constructions. Et à l’est l’océan.
Le quartier de Vegueta, centre historique, est magnifique avec ses ruelles pavées, la cathédrale qui fait face à la Plaza Santa Ana, où s'èlévent les statues de neuf chiens, symboles de l'archipel (eh oui, le nom "Canaries" ne vient pas du petit oiseau eternellement pourchassé par Grominet, mais de "Canis", qui signifie chien en latin!!!!)
Cathédrale de Las Palmas
Plaza Santa Ana Derrière la cathédrale se trouve la Casa de Colón, la maison du gouverneur de l'île où Christophe Colomb a passé quelques temps...
Casa de Colón Dès le début de son voyage vers le nouveau monde, le navigateur avait en effet cassé un des mâts de la Niña, une de ses caravelles. Il est resté à Las Palmas le temps de la réparation. C'est beaucoup plus sympa que la pension que j'ai trouvé quand même.. tout ça parce que Monsieur avait trois bateaux...
Le patio des appartements de "Monsieur Cristobal"...
Autre patio de la Casa
Deuxième jour : la route du nord vers Agaete... J’ai loué une voiture au port pour avoir plus de liberté à faire le tour de l’île. Je regarde la carte et décide de commencer par le nord, moins touristique et au climat plus humide. Tout le long de la route s’étalent sur des kilomètres des plantations de bananes et autres fruits tropicaux, soit dans des serres soit à l’air libre. J’arrive en moins d’une heure à Agaete. Les distances sont vraiment réduites, l’île doit faire 40 kilomètres de diamètre au plus. Je m’installe dans un bar pour manger et rencontre une suisse en vacances ici, que j’avais déjà croisé à la pension de Las Palmas. On se met d’accord pour une randonnée dans le barranco (canyon) qui part du village vers les hauteurs de l’île pour le lendemain.
En début de journée je rejoins Karine pour le départ, sous la pluie, et moi sans K-way bien sûr (bah oui moi on m’a dit qu’il faisait toujours beau ici, j’ai pas pris de K-way, normal… déjà j’ai pensé à mettre des basket plutôt que mes tongs, c’est mieux pour une rando en montagne il paraît…
Bref on commence à monter, la pluie cesse parfois et les nuages se font moins nombreux.
C’est impressionnant de n’importe quel endroit on peut voir la mer en contrebas. En chemin on cueuille des figues de barbarie, le fruit du cactus, c’est nourrissant et en plus c’est bon !!! Après une bonne heure de montée on arrive à El Hornillo « le petit four », un village d’une dizaine de maisons et quelques grottes, abandonnées.
On a l’impression que le village est déserté, à part quelques chiens qui aboient à notre passage. Mais une bonne odeur de cuisson nous attire vers une maison. On appelle, pour demander à combien de temps est le barrage qui était notre objectif, et un homme d’une cinquantaine d’année , short et casquette vient nous ouvrir. Allez, entrez et venez prendre un bon « caldo de pescado » (bouillon de poisson) pour vous réchauffer !!! Ce qu’on fait volontiers !!! En fait de Caldo, on a aussi le droit à un « culillo de ron » (un fond de verre de Arehucas le rhum local), des « rebanadas » ( sorte de gâteaux frits parfumées au citron et à l’anis) cuisinées par notre hôte et sa femme. Ils vivent à Agaete et viennent ici en fin de semaine pour profiter de la tranquillité et de la vue sur la vallée (leur terrasse est un véritable mirador !). Ils nous informent aussi qu’aujourd’hui le village ne compte plus que 6 habitants… et quelques chiens et chêvres.
Après un autre culillo que je ne peux pas refuser (ma camarade de rando a laisser tomber), des morceaux de porc, un café et encore un culillo « pour la route », on repart bien chauds et les bras pleins de cadeaux de leur petit jardin. Une belle rencontre encore. Quatrième jour : la montée vers les sommets... J’arrive ce dimanche matin à Teror, une ancienne bourgade Guanche (nom des premières tribus vivant sur l’île) appelée autrefois Aterore. Ce village est aujourd’hui la capitale religieuse de l’île : tous les 8 septembre, un grand nombre de pèlerins viennent révérer la statue de la « virgen del pino », la « vierge du pin ». La vierge serait en effet apparue sur le parvis de la basilique, entre les branches du pin.
Aujourd’hui c’est jour de marché, et il y a tellement de monde que je demande au patron d’un comédor si c’est un jour spécial, s’il y a une fête locale ou je ne sais quoi… Non mon grand, c’est comme ça tous les dimanche !!! Le marché fait le tour de l’église et s’étend sur une grande place derrière.
Avec comme bande son un groupe de péruviens et des odeurs de porc grillé partout, on se croirait décidemment en Amérique du sud. Au menu du jour, soupe locale de pois chiche, chorizo, porc et pain à l’anis !!!
Je quitte Teror pour le sommet de l’île le « Pozo de las Nieves » (le puit des neiges - 1949m), et surtout le « Roque Nublo », le rocher dans les nuages, le monolithe basaltique le plus haut du monde (80m) et symbole des Canaries.
Roque Bentayga (a gauche) - Roque Nublo (au fond) Bon en fait c’est un gros rocher qu’on a l’impression qu’il a été posé là comme ça, par un géant ou autre bestiole locale… Le plus intéressant est la vue sur le reste de l’île, d’un côté on peut apercevoir malgré les nuages jusqu’à Las Palmas, sous le soleil !!!
Sur les îles les nuages restent accrochés aux montagnes mais les côtes sont souvent dégagées. Et de l’autre côté le Roque Bentayga, montagne sacrée pour les Guanche, et dernier lieu de replis lors de la colonisation.
Plus au fond, on peut même apercevoir la mer, et le sommet du Teide sur l’île voisine de Tenerife (sommet le plus haut d’Espagne)… mais bon pas aujourd’hui c’est trop couvert… la prochaine fois peut être !!! Partout à 360 degrés, des canyons, des vallées de pins et de châtaigniers, avec toujours l’océan au fond, c’est bôôôô !!!!
Sixième jour : descente en zig zag vers le sud-ouest Quand on partait de bon matin, quand on partait sur les chemins… en voitureeeetteuuh !!! Après avoir avalé un énoooorme sandwich jambon fromage en guise de ptit dej’ (eh non, malheureusement ici ils ne connaissent pas les « tostadas » tomate fromage, ni même beurre confiture…), je prend la route vers la West Coast… et c’est bien le Far West qui m’attend. La route qui passe par Tejeda et Artenara, petits bleds perchés dans les montagnes, serpente le long d’immenses ravins. Les paysages sont de pierre, désertiques. Pas un chat, pas une chêvre..
Les pins et la verdure du nord laissent la place à des cactus géants, Agaves, Euphorbes, « oreilles de Mickey » et encore d’autres sortes dont je ne connais pas le nom, et je me pique de le savoir, ah !!!
J’arrive à Mogan, le réservoir d’essence vide. Je demande à un vieux bonhomme où est la station la plus proche, et il me dit qu’il faut aller jusqu’à la station balnéaire un peu plus bas. Ça tombe bien pour lui, c’est là où il se rend, alors il me demande de l’emmener, parce qu’il attend le bus depuis longtemps, et que le bus est toujours en retard, etc etc… Je fais donc connaissance avec un cubain qui dirige un restaurant dans la station balnéaire de Puerto Mogan, où il me dit que j’ai un travail assuré si je compte m’installer par ici, parce que j’ai l’air sérieux, et puis son serveur actuel ne sert à rien, etc etc… Le restaurant en question est en première ligne sur la plage, un bon restaurant pour gros-touriste-allemand-retraité-tout-rouge.
Puerto Mogan est en fait le St Tropez de l’île, soleil garanti toute l’année.. hum.. intéressant, sauf que je ne parle pas allemand ou presque… trop fort ya aussi des masseurs sur la plage, qui proposent de masser les bourlés rougis de nos amis d’outre Rhin !!!! Le village n'a rien d'exceptionnel, mis à part le port de plaisance aux maison colorées et fleuries, et l'eau du port complètement transparente!!!
Pour passer la nuit, je décide de quitter la masse de gros touristes rouges et les stations balnéaires pour San Bartolome de Tiranaja, plus haut dans les montagnes. Je longe la côte sud, où les énormes complexes touristiques fleurissent, arrivant même à s’accrocher au bord des falaises. Au bord non, contre les falaises. Toujours plus haut, toujours plus laid. En fin je bifurque vers le nord, en passant quand même par Maspalomas. La station balnéaire est avec sa voisine « Playa del Inglés » , la « plage de l’anglais » (naturalisé allemand), le plus gros complexe touristique de l’île voire de l’archipel. Enoooorme !!! Des hôtels gigantesques, boites de nuit, golfs, résidence 9 étoiles, centres commerciaux, etc… Une serveuse me parle même en allemand quand je demande une bière sur une terrasse en face de la plage, une bière allemande en plus. Ils ont même amené leur bière… Mais que-ce que je suis parti faire là bas me dira-t-on, et bien il y a quand même les dunes de Maspalomas à ne pas rater, à l’Ouest de la station.
Elles ont été épargnées grâce à la création d’un parc naturel. Même si elles sont désormais cernées par les promoteurs qui ont construit en lisière de la zone, ça reste un endroit exceptionnel. Je longe la plage pour commencer, toujours ces gros allemands, y en a même qui se font rougir les fesses, puis coupe directement dans les dunes. Au bout de quelques minutes de marche dans le sable… et bah ya du sable de tous les côtés. On se croirait dans le Sahara.
un ver de sable.... Heureusement la mer est toujours à portée de vue et quelques nudistes bronzant tranquille au pied d’une dune me rappellent que je ne suis pas au milieu du désert…
Plus tard, dans la soirée, dans un bar de San Batolomé de Tirajana… que ce soit dans n’importe quel ville ou petit village j’opte toujours pour les bars locaux, les plus « typiques », les plus remplis de personnages hauts en couleur. Je me débrouille aussi toujours pour attirer le regard des pochtrons finis, comme celui qui se tourne vers moi et me sort, de sa voix rocailleuse « Heyyy, where are you from ? », avec un accent sorti de nulle part. Huuuuum, comme j’adore qu’on me prenne pour un britannique… je lui répond en espagnol que je suis français vivant en Espagne… mon nouveau pote alcoolique (couleur de la peau : jaune – couleur des yeux : vitreux – couleur des dents qui lui restent : noire – odeur de la bouche : rhum et tabac) me raconte qu’il connaît le français qu’il vient de Madrid et qu’il vit dans le village depuis 4 ans. C’est tout ce qu’il m’a dit, mais ça a duré quand même une bonne vingtaine de minutes, chaque info répétée deux ou trois fois au cas ou je comprendrais pas… Le plus « drôle » - je sais pas si je devrais plutôt dire « triste », c’est que le lendemain matin, dans un autre bar ou je prenais mon café avant de reprendre la route, le même bonhomme rentre, (un peu moins jaune peut être)commande un rhum ( il est 9h30), s’assoit à côté de moi, me fixe et me demande : « heyyy !!! where are you from ???!!!!!. Je me retiens d’éclater de rire, le regarde fixement quelques secondes pour voir s’il ne va pas se rappeler de moi, mais non il me ressort les mêmes paroles qu’hier… je lui répond en anglais que je suis hollandais et ne comprends pas l’espagnol, finit mon café et sort avec un grand sourire… la rencontre de la journée !!!! Je regagne Las Palmas en passant par San lucía de Tirajana, où on peut voir paraît-il le plus beau lac de l’île, la Presa de Sorueda, sur toutes les cartes postales et en couverture des guides. Sauf qu’il n’a pas plu depuis bien longtemps et que ya plus d’eau !!! Les palmiers, eux n’ont pas bougé…
Je passe le reste de la semaine à Las Palmas, où mon pote David est arrivé entre temps. On s'est fait une randonnée (en tongs cette fois...) dans la "Caldera de Bandama", un cratère de volcan où une végétation exubérante s'est installée au fil des siècles, dattiers, fuiguiers de barbarie, palmiers, eucalyptus, etc... La vue du haut de la caldera est impressionante, et la descente aussi!!! Surtout en tongs!!! On a aussi été au festival WOMAD (World Of Music Art & Dance), dans un parc en plein centre ville, avec des artistes du monde entier comme Femi Kuti, Ba Sissoko, Los F.e.o.s (jazz funk des Canaries)... et aussi... BABYLON CIRCUS!!!!. Excellent!!! Demain matin à l'aube je prends le bateau pour Furteventura, deuxième île au programme.... |
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